L'étape du Tour  L'étape du Tour

Dimanche 11 juillet 2004

(87) Limoges / (15) St-Flour

Cyclosportive 238,8km  +4300m


Continuant sa préparation pour le Triathlon d'Embrun,
Mathieu est allé participer à l'étape du tour 2004.

Pour sa 12ème édition, 7245 coureurs ont quittés Limoges à 6h30
pour rallier  Saint Flour avec de bonnes grimpettes au programme.

Le profil de L'étape du Tour 2004

KmAltitudeDescriptionDifficulté
39.5 Le Mont Gargan3.3 km de montée à 3.5 % - 4ème Catégorie
67.0 Col de Lestards7.0 km de montée à 4.7 % - 3ème Catégorie
79.0 Côte de Saint-Yrieix-le-Déjalat2.7 km de montée à 6.1 % - 3ème Catégorie
114.5 Côte de Soursac4.4 km de montée à 4.9 % - 3ème Catégorie
126.5 Côte de Chalvignac3.5 km de montée à 6.9 % - 3ème Catégorie
162.0 Col de Néronne8.3 km de montée à 3.3 % - 2ème Catégorie
173.51589mCol du Pas de Peyrol (Le Puy Mary)5.5 km de montée à 8.0 % - 1ère Catégorie
189.0 Col d'Entremont5.4 % - 3ème Catégorie
205.5 Col de Prat de Bouc (Plomb du Cantal)8.2 km de montée à 6.0 % - 2ème Catégorie


Mathieu en action
Mathieu en action

Mon petit rêve sportif à moi que j'ai depuis 20 ans est pour bientôt, dans un mois quasiment jour pour jour ! 
Le 15 Août à 6h, j'aurai les pieds dans l'eau prêt à prendre le départ du triathlon d'Embrun. 

Vu cet objectif ambitieux (pas de tremper les pieds dans l'eau :o) mais bien de finir l'EmbrunMan), je souhaitais après une grosse semaine d'entraînement à Embrun début juillet finir de prendre mes marques (ou de m'achever physiquement, à voir :o) .) en m'alignant sur l'Etape du Tour 2004 entre Limoges et St Flour.
L'an passé, malgré un entraînement hivernal très (trop) soutenu, cette étape ne m'avait guère réussi par la faute d'un manque de fraîcheur tant physique que mentale mais aussi à cause de braquets inadaptés pour mon pôvre corps de sportif décérébré.

Bref, cette étape du Tour 2004, je l'attendais avec impatience car elle devait valider le bien fondé de mon plan d'entraînement concocté dans les moindres détails pour le 15 août dont le principe était simple.
+ de course à pied en début d'année pour préparer le marathon de Paris et avoir un bon foncier puis augmenter petit à petit le volume en vélo à partir de mars.

Pré course :

L'an passé, arrivée sur place pour passer quelques jours avec des copains à Biarritz, j'avais plutôt été laminé psychologiquement par le fait de m'être couché à minuit à cause d'un repas au restau bien trop long. Pas forcément le pied, surtout la veille d'une course où il faut se lever à 5H du mat' ! 

Bref erreur à ne pas renouveler cette année, d'autant qu'avec mes 25 heures d'entraînement la semaine précédent l'Etape, c'était "ça passe ou ça casse".
En gros, soit mon petit corps réussissait à bien récupérer voir surcompenser (stockage plus important « d'énergie ») soit je passais à travers totalement.

J'avoue que finalement, vu le déroulement des 2 jours précédents l'Etape, je n'espérais pas grand chose au départ. 
Imaginez un peu : au programme, 237km et environ 3000m de dénivelé positif, déjà ça refroidit.
Mais surtout quand on arrive à Limoges le vendredi soir à 1H30 du mat', dodo à peine 6h pour un levé vers 7h45 le lendemain, matinée passée sur le stand Hutchinson au salon de l'Etape du Tour. Puis départ pour St Flour où il nous faut poser les voitures de « rapatriement » pour le lendemain vers 16h. 
Le temps de sortir des bouchons, d'emprunter la quasi totalité des 237km du lendemain (soit disant le trajet le + court, mon œil :o( ! ), et nous voilà à 21h à St Flour le ventre creux, nous disant que dans le meilleur des cas on sera pas rentré avant minuit à l'hôtel, nan ! vous ne rêvez pas.

Pour les fanas de la diététique et autres anti mondialistes, sautez la phrase suivante.
Impossible de manger au restau sans perdre une heure, donc nous filons avec mes 3 compères (il fallait 3 voitures à l'arriver, + une pour nous ramener à Limoges) au... Mac Do, si si ! Beignets de poulet, frites, eau (pour moi), burps ! Bref, comme prévu arrivé à minuit à Limoges sans que nous ayons préparé
nos affaires pour le lendemain, ça commence bien.

Etape :

Bip bip bip. ! Nan, faut déjà se lever ? Mais on vient de fermer les yeux ! 5H15, on a optimiser au max, mais y'a pas moyen, on est crevé quand même :oO .
Préparation rapide, déjeuner englouti en 5 minutes (un croissant et un yaourt, de toute façon ça passe pas alors.), on quitte l'hôtel pour se rendre à vélo au départ vers 6h. 5km plus tard dont une petite côte pour monter en température, on se retrouve dans le sas des champions et des vip, soit dans les 300 premiers,
cool ! Fait pas chaud ce matin, mais le soleil semble vouloir être présent, tant mieux.

Un petit quart d'heure d'attente et pan c'est parti !
Tranquille, il y a tout de même 237km à se cogner, d'autant que le départ groupierte se fait en descente dans le centre ville de Limoges, limite dangereux avec un tel peloton de 8500 gugusses.

Les premières cotes arrivent dés la sorties de Limoges, ça mouline ça mouline, faut monter à l'économie mon bon monsieur. Au moins, ça permet d'étirer le paquet et après 15 km je me retrouve dans le paquet de tête, il y a un trou derrière moi (car j'aime pas rouler au milieu d'un peloton, chutes et frotti frottages ne me tentent pas trop ;o) !). On roule à une bonne allure mais sans plus, je me retrouve souvent en roue libre, aspiré par cette masse dont je suis bien incapable d'estimer le nombre d'unités. Environ 1000 à vue de gros pif ?

On passe sans un regard la barrière d'élimination des 30km à parcourir normalement en 1h maximum (on a mis 46 minutes), puis une ou 2 bosses où je me retrouve un peu piéger car certains ont sauté du paquet et je les suivais comme un âne. Mais on revient sans problème à chaque descente suivante, pour l'instant c'est clair que les choses sérieuses n'ont pas commencé ! 

Au 67ème km, le Col de Lestards fait le ménage. Une fois de plus je suis derrière mais de toute façon ça explose de partout et je serais bien incapable de
prendre les roues des premiers. Bref, on bascule en haut après 6km d'ascension avec un retard déjà conséquent, heureusement un groupe se reforme petit à
petit, là encore sagement je me laisse aspirer par un peloton qui gravit la côte de St Yrieix (km 79) sans coup férir et nous emmène à 45-50km/h sur le très long
faux plat descendant qui suit. Encore une fois, on passe le premier ravitaillement des 100km sans un regard, mal en a pris à certains qui devront attendre 60km supplémentaire pour trouver de l'eau !

Km 115, la côte de Soursac est monté à vive allure, j'hallucine en me voyant monter sur la plaque à plus de 20km/h, car même si la pente est raisonnable, je serais bien incapable de le refaire seul à l'entraînement aussi vite ! La descente suivante est franchement piégeuse, à flanc de ravin (plusieurs chutes pour la plupart sans gravité seront enregistrées), avec des virages qui se referment et où les gravillons rappellent Holiday on Ice :o) .

Au passe un barrage, et là ma vessie me commande de m'arrêter avant la côte suivant de Montplaisir (tu parles !). 1 minute de pipi stop, c'est rien, sauf que
repartir sur une bosse et surtout seul, largué du groupe, c'est pas bon pour le moral ! Je vais mettre 20km facile à rentrer, à voir le groupe 300m devant sur des faux plats montants terrible pour le moral.
Tout ça pour faire 10km dans les roues avant que le groupe n'explose au 2ème ravito de Salers (merci le sandwich jambon fromage pour la suite de l'aventure, le temps passé à mangé ne fut pas perdu !) puis dans le col de Nérone qui suit. Vu la veille, ce col n'est pas méchant, il monte gentiment au départ, un peu raide ensuite puis finit en très léger faux plat sur 3km, rien de bien terrible même si il ne faut pas trop puiser car il reste le plus dur à venir.

La descente qui suit tient plus d'un faux plat que d'une vraie route bien pentue, quelques uns doublent à fond les ballons, personnellement je joue encore la prudence et reste dans un petit groupe de 6 ou 7. Fin de la descente, on attaque les « vraies » réjouissances.

Col du Puy Mary, ou Pas de Peyrol, 4km d'ascension qui se montent sympathiquement sans trop forcer. Certains sont déjà dans le dur, guidonnent de droite et de gauche, c'est pas gagné pour eux ! Surtout qu'au panneau « sommet 2km », on aperçoit le sommet au dessus de nos têtes... mais alors franchement bien au dessus, à tel point que dans la voiture la veille, je me suis dit « Houla ! On va monter tout là haut en seulement 2km, vindiou ! ». Et effectivement, après un virage à gauche, on découvre un mur à 17%.
Heureusement, il y a énormément de spectateurs qui encouragent, vocifèrent, poussent même parfois :o) !
Au début de ces 2km d'enfer, je récupère Alain Prost qui marche en se tenant le bas du dos. Je monte à mon rythme qui n'est finalement pas si mauvais et surtout assis sur ma selle quand certains sont pendus arc-boutés sur leurs pédales. Merci le pédalier compact avec son petit plateau de 34 dents et le grand
pignon de 27 ! J'essaie de plaisanter avec les spectateurs, d'une part parce que faut bien faire passer le temps, et puis aussi un peu pour ceux qui, sur le bord de la route, ne voient passer que des gars qui font la tronche, regardent leur guidon, serrent les dents et crachent à tout va. Un gars m'annonce « 315, non 316ème ! ». Hein, quoi, quékidit ? Ah, ça devait être 1316... Soulagement en arrivant en haut, yes ! I did it ! Et sans jamais m'arrêter et poser pied à terre.

J'embraye tout de suite dans la descente, d'abord sinueuse à flanc de ravin (encore !) puis beaucoup plus large et rectiligne, donc gaz gaz ! 73km/h sur cette portion, je rattrape quelques prudents et ne me fais pas doubler, c'est bon signe. Mais je me fais tout de même une chaleur en relançant à 50km/h après un virage et en voyant ma roue avant chasser un peu, ouf !

Un peu de faux plat ensuite et on attaque l'avant dernier col de la journée, le col d'Entremont qui est autrement bon :o) . 3km dont les 2 premiers bien raides me rappellent soudain que mes petits muscles ont tout de même bien travailler. Les adducteurs se contractent un peu beaucoup à mon goût, les crampes ne sont pas loin si je ne calme pas un peu le jeu.
Dernier kilomètre plutôt sur un faux plat montant, on bascule à 4, je reste en roue libre en doublant mes compagnons de souffrance qui pédalent comme des
dératés :o) ! L'avantage du tubeless, qui en plus de procurer un confort exceptionnel sur les revêtements granuleux voir pourri de Corrèze et du Cantal, offrent
un super rendement… Même si sur la balance, les poids coq qui m'accompagnaient étaient forcément désavantagés sur une descente si rapide par rapport à
mon poids lourd ;oP.

Dernier ravitaillement, en plus de remplir mes bidons, je gobe un bout de banane. Il ne reste « que » 37km, y'a plus qu'à...
Paraît qu'on est dans les 300ème, zut alors mais c'est génial ça ! 

On attaque donc le Plomb du Cantal, 9km d'ascension, d'abord gentil, puis on traverse un village noir de monde et là ça grimpe sévère pendant 4 bornes avant de se calmer dans les dernier kilomètre. « J'veux descendre ! ». Ca fait marrer les gens sur le bas côtés, plein d'encouragements qui font chaud au cœur mais les jambes tournent pas plus vite pour autant :o)

Enfin la descente, ça y est c'est finit. Ben non, mon bon môsieur, faut encore remonter une bosse d'1km.
Puis redescente et là 20km de faux plat avec un vent heureusement plutôt favorable, mais Dieu que c'est long ! 
D'abord tout seul, je rattrape un gugusse, on roule ensemble en se relayant bien, et finalement c'est la délivrance avec 3km de descente sur St Flour.

La ligne d'arrivée est là, plein de gens qui applaudissent, que du bonheur, je l'ai fait, trop top !
Casse croûte récupéré, je file à la voiture poser le vélo, pas d'affaires de rechange donc obliger de se balader en chaussettes, pas grave on a connu pire.
Je vais voir les résultats en attendant les copains. Youpi ! Je rentre dans les 300 premiers en finissant en 8h06'21 en 295ème position. 
Au passage, le parcours, c'était bien 237km mais beaucoup plus de dénivelé que annoncé, j'ai 4450m de D+ au Polar, bien joué ASO ! 
Fred du service course Hutchinson arrive en 9h51'32 en 2929ème position, très déçu et limite dégouté car il a pas mal galéré après 120km, notamment dans les ascensions. C'est le métier qui rentre, il fera beaucoup mieux l'an prochain j'en suis sûr. Et notre héros du jour, Phiphi notre chef produit qui a dévalisé tous les ravitos (d'ailleurs il paraît qu'il a même embarqué un doigt d'un bénévole dans le sandwich :o) ) finit 6026ème en 11h43'47, super exploit considérant ses 600km de route et 8 sorties VTT pour se « préparer » !

Notre fine équipe (dont 4 ont abandonné, bande de lopettes) se retrouve en tenue de clochard (cuissard et maillots Hutch plein de sel, chaussettes sales) dans un petit restau de St Flour. Bonne bouffe bien méritée, avec avec tout ça, on rentre une fois de plus à 1h30 du mat' à l'hôtel, bof on est plus à ça près...

Vivement vivement, l'an prochain pour l'Etape et perso pour le triathlon d'Embrun dans un mois : savachier !

Mathieu

Position
réelle
DossardNOM PrénomClubTemps
officiel
Position
par
catégorie
Temps
réel
355N°143ARRAMBOURG MathieuBiker's Club8h06'21"2958h05'59"

Le photographe de l'épreuve : http://www.maindruphoto.com

Le site de l'épreuve : http://www.letapedutour.com/

A.S.O. - l'Étape du Tour - Vélo Magazine
B.P. 182 - 92135 Issy-les-Moulineaux Cedex
Directeur de l'épreuve : Jean-François Alcan
Tél : +33 (0)1.41.33.14.68
letapedutour@aso.fr


Sources : www.letapedutour.com et Vélo 101

Dernière mise à jour le 21/07/2004