L' Antonin Magne

CycloSportive 165km

14/07/2002 - Aurillac (15)


Cette cyclosportive débute par deux incertitudes nées de la précédente où j’ai ramassé une belle tendinite au genou gauche (en haut sur l’extérieur de la rotule).
La première concerne ma condition physique approximative due à un arrêt presque complet durant un mois (la question n’étant pas : « est-ce que je vais finir ? », mais plutôt « dans quel état vais-je finir ? »).
La seconde concerne l’état de mon genou : après plusieurs séances de mésothérapie et un test concluant bien qu’un peu court à la Mantoise VTT, je pars tout de même confiant.
Assez peu de concurrents sont inscrits, ceci résultant d’une météo capricieuse : ciel nuageux, brouillard et humidité sont de la partie. Dans tous les cas, cela me permet de me positionner correctement dès le départ.
Celui-ci se compose de la difficulté principale du jour : le Pas de Peyrol. 25/30 bornes de montée. En fait ce départ est très calme (30 à l’heure au sein d’un peloton très compact) étant donné le très faible pourcentage jusqu’à 6 kilomètres du sommet. A ce moment tout change et explose par la même occasion suite à l’attaque de Peter Pouly. Trois gars prennent sa roue tandis qu’un groupe d’à peu près dix hommes dont Eric Vincendet se constitue derrière. Je suis dans le groupe suivant qui bascule dans un épais brouillard avec 1mn de retard sur le groupe d’Eric.

A la faveur d’une descente rapide – grâce à un gars du coin qui connaît parfaitement la route – et d’une belle partie de manivelles à quatre (dont moi, donc…) notre groupe de 10/15 coureurs rentre sur le groupe d’Eric. Une temporisation s’effectue.
Le second petit col est avalé sans problème (bien que je sente déjà un léger fléchissement de ma part…).
Le col de Bessières sera, pour moi le début d’un cauchemar. Comme à mon habitude, je suis parti sans gérer d’aucune façon et pour le coup (vu ma condition physique) un peu trop vite. A un kilomètre de ce col peu pentu (5% peut-être) je lâche prise, seul. Manque de pot, la suite ne se compose pas d’une descente mais d’une route vallonnée où un hypothétique retour sur un peloton est impossible pour un homme seul dans mon état.
De toute manière, la forme va de mal en pis.
Je roule seul pendant une bonne demi-heure avant de voir revenir dans le col d’Aulac le groupe de Marilyne Texier que je suis loin de pouvoir accrocher malgré ses encouragements.
Toujours seul – je me fais juste reprendre par un concurrent que je ne peux suivre – je gravis le col de Néronne.
Il me reste quatre petits cols avant la descente finale. Ca va être dur d’autant que le genou commence sérieusement à me rappeler à son bon souvenir (le salaud ! !).
La douleur, plus les jambes molles (l’esprit aussi du coup ! !) me décident à stopper un moment, histoire également de me vider la vessie…
A peine allais-je repartir qu’un groupe me rejoint puis me dépasse inexorablement. Je navigue à vue d’un concurrent qui vient de sauter de ce groupe, cela durant la suite du col.
Col suivant : les choses ne s’arrangent pas vraiment. Un énième (le troisième) peloton me dépasse. Trop vite une fois de plus. A ce moment, c’est surtout le mental qui craque quelque peu et la suite va le prouver.
La fin de cet antépénultième col est toujours un calvaire tandis que dans la descente je me laisse aller.

Il faut signaler que les trois derniers cols se succèdent sans plat entre chacun d’eux. Alors que j’entame les premiers mètres de l’avant-dernier talus, je me retourne et vois un quatrième ( ! ! !) groupe à quelques encablures. Il me semble être composé de « pinpins ». Sursaut d’orgueil, je décide d’essayer d’appuyer un peu plus fort sur les pédales. Miracles les jambes sont là et je passe la surmultipliée (preuves aussi qu’il y avait un blocage mental). Je reviens rapidement sur le groupe qui me précède et le dépose sans problème. Lorsque je bascule, j’aperçois le groupe suivant à quelques centaines de mètres.
Je fais donc l’effort de revenir pour monter le dernier col avec eux. Je les rejoins alors que vient de commencer ce dernier col. Bien en jambes (sans compter que le genou se fait un peu oublier) je prends la tête et imprime un rythme soutenu. C’est lorsque nous rejoignons un de mes compagnons du début de course (qui a lui prit plus qu’un bel éclat…) qu’un autre gars prend mon relais et accélère sévèrement. Tout explose. Seuls deux coureurs (dont moi) arrivent à tenir les roues.

On débouche alors sur un hameau croyant voir la fin du col. Quelle n’est pas notre surprise lorsque nous nous apercevons qu’il reste une sévère rampe avec des passages à 13%.
La troisième roue du carrosse lâche alors prise (et pas qu’un peu). Nous sommes deux pour terminer les 500 derniers mètres, mètres où je prends la tête.
La descente puis le léger faux plat descendant seront rapidement avalés en se relayant bien. Néanmoins je commence vraiment à avoir les jambes dures. A cinq bornes du but, sur une portion plane, je lâche prise mais mon compagnon m’attend. A l’approche de la ligne, celui-ci s’excite un poil. Je reviens sur lui et lui signifie que j’aurais tout de même pas l’indécence de lui faire le sprint.
Je suis assez content de ma course en fin de compte, étant donné mon manque de kilomètres durant le dernier mois.
Surtout je finis bien et avec l’impression que ce type de parcours me convient assez bien.
Par contre, le point négatif, c’est ce genou qui me fait vraiment et toujours souffrir. Va falloir trouver et régler la cause plutôt que les symptômes.

Loïc


Dernière mise à jour le 04/11/02