articles de LA DEPECHE DU MIDI
sur la 8ème Piste Aveyronnaise

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Dimanche 11 Juin 2000
VTT (12): Huitième édition de la Piste aveyronnaise

Chiotti vainqueur à l'eau claire

C'est sous une pluie battante et continuelle que cent cinquante coureurs se sont élancés pour ce raid unique en son genre et qui, au fil des ans, a acquis ses lettres de noblesse.

C'est hier matin, depuis la cité de Nant, qu'a été donné le départ de la huitième édition de la Piste aveyronnaise. Cette année, le raid VTT a délaissé l'Aubrac, souhait des organisateurs qui ont préféré Millau et Saint-Léons-du-Lévezou, ouverture de Micropolis oblige, et participer de cette façon à l'événement.

C'est sur un parcours difficile (1.700 m de dénivelé) que les concurrents se sont élancés pour rejoindre Millau. Sous la houlette d'Yves Blanc, organisateur de cette manifestation, quelques « ténors » de la discipline comme Peter Pouly (vainqueur en 1995 et 1996); Gilles Delion, ancien professionnel reconverti au VTT; le Saint- Affricain Dominique Azam; le Millavois Cyril Duverbecke, deuxième l'an passé; Vincent Julliot, ou bien encore Jérôme Chiotti, toujours champion du monde. Ils étaient plus de cent cinquante à s'élancer pour 66 km, sous une pluie battante, à travers les bois, chemins de terre, routes détrempées.

Durant toute la course, trois hommes se sont livré une bataille acharnée: Chiotti, Julliot et Duverbecke.

Au premier ravitaillement, Chiotti vire en tête devant Julliot. Au second ravitaillement, Julliot reprend la tête mais une chute en fin de parcours le prive de la victoire qui revient au régional de l'étape Jérôme Chiotti, devant Vincent Julliot et Cyril Duverbecke, en 3 h 19'21''. Et au final de cette première étape, bien malin celui qui pourrait donner le nom du vainqueur de la huitième édition de la Piste aveyronnaise.

Le classement individuel

1. Jérôme Chiotti, 3 h 19'21'' (VS Chartres); 2. Vincent Julliot, 3 h 26'40'' (team Lapierre); 3. Cyril Duverbecke, 3 h 32'50'' (CSO Millau); 4. Laurent Certain, 3 h 37'08'' (team Lapierre); 5. François Blanc, 3 h 44'09'' (Vélo cité Millau); 6. Emmanuel Pouget, 3 h 49'22'' (Vélo cité Millau); 7. Dominique Azam, 3 h 49'33'' (Intermarché ST); 8. David Rolandes, 3 h 51'20'' (team Lapierre); 9. Jacques Berbiguier, 3 h 53'50'' (Tribu gardoise); 10. Luc Bernal, 3 h 56'15'' (TMB Staunes 2); 11. Didier Dubois, 3 h 58'55'' (Tribu gardoise); 12. Frédéric Doll, 4 h 02'55'' (Les Gazelles); 13. Serge Azam, 4 h 04'6'' (Intermarché ST); 14. Frédéric Sola, 4 h 06'10'' (CSO Millau); 15. Laurent Guichard, 4 h 06'30'' (Les Bonneaux); 16. David Draussin, 4 h 08'20'' (Tribu gardoise); 17. Frédéric Bénézet, 4 h 09'43'' (Tribu gardoise); 18. Bruno Chiche, 4 h 14'00'' (Les Bikers 1); 19. Dominique Billuart, 4 h 14'26'' (Intermarché ST); 20. René Fertonani, 4 h 16'25'' (Vélo 9); 21. Patrick Romero, 4 h 21'50'' (CSO Millau); 22. Cédric Daumet, 4 h 22'05'' (ASPTT Draguignan); 23. Marc Pellerin, 4 h 24'55'' (Cycle Franger 44); 24. Franck Bredy, 4 h 25'20'' (Lyon VTT); 25. Olivier Coq, 4 h 26'50'' (CSO Millau); 26. Pascal Janel, 4 h 28'45'' (TMB Staunes 2); 27. Claude Rebitzer, 4 h 29'58'' (Les Bikers 2); 28. Michel Arnal, 4 h 30'08'' (CSO Millau); 29. Hervé Loy, 4 h 31'15'' (Cerny); 30. Franck Lieuron, 4 h 31'16'' (Les Bikers 1); 31. Thierry Vassare, 4 h 31'22'' (Vélo 9); 32. Christian Chapard, 4 h 35'27''(Vercors VTT); 33. Pascal Hernandez, 4 h 36'30'' (TMB Staunes 2); 34. Thierry Maigret, 4 h 36'37''; 35. Alain Brognet, 4 h 38'50'' (X- Trême); 36. Frédéric Barrot, 4 h 40'30'' (Tribu gardoise).

C. F.


Jérôme Chiotti: «Il ne faut pas se voiler la face»

Vainqueur de la première étape de la Piste aveyronnaise, le coureur de l'Aveyron revient sur ses déclarations choc et semble ne rien regretter.

Jérôme, un laboratoire vient de trouver un moyen pour détecter l'EPO. Pensez-vous que cela nous emmène vers un cyclisme plus propre?

Il faut avant tout nuancer tout ça. La détection de l'EPO (érythropoïétine) n'est possible que durant trois jours après l'absorption du produit... Restons lucides. Un mec peut prendre ce qu'il veut avant le Tour, rester tranquille trois jours avant, et le tour est joué... A mon avis, ce qui va être intéressant, ce sont les contrôles qui vont être effectués au bout de quinze jours de course. Là, on verra...

Tout cela est positif. Ça bouge en matière de dopage..

Oui, oui, c'est bien, mais il ne faut pas se voiler la face. Il n'y a pas que de l'EPO qui circule dans le peloton. J'en passe et des meilleures. Mais c'est vrai que cette hormone reste la plus répandue. Je suis quand même optimiste, mais la vigilance reste de mise.

Pour revenir sur vos déclarations concernant le championnat du monde de VTT de 1996, vous n'avez pas l'impression de vous être « grillé » dans le milieu du vélo?

Oui et non. S'ils veulent me casser, qu'ils me cassent. Moi, je suis en accord avec moi- même et je n'ai dit que tout haut ce que tout le monde pense tout bas, voilà tout. Si on veut lutter efficacement contre le dopage, il faut agir. Regardez, ils m'ont même rendu le maillot (rires). Alors...

La fin de carrière approche, vous pensez déjà à votre reconversion?

(Large sourire.) Rien qu'avec des journées comme aujourd'hui, je suis heureux. Pour l'instant, je n'ai aucun projet concret et je ne suis pas « à la rue », on verra bien...

Propos recueillis par C. M.


Lundi 12 Juin 2000
VTT (12): La Piste aveyronnaise

Courons sous la pluie

Le froid, le brouillard, la pluie et le vent étaient au rendez-vous de la seconde étape de la Piste aveyronnaise, qui joignait Millau à Saint-Léons.

«Après Castelnau- Pégayrols, j'ai attaqué une longue côte, sur un petit chemin encadré par deux petites murettes. Il faisait très froid, un véritable petit torrent s'écoulait en contresens, le brouillard m'empêchait de voir. J'ai tout de suite pensé à la guerre de 14, comme les poilus dans les tranchées, si je m'arrêtais là, j'y restais ». Tout heureux d'avoir terminé son périple, John Goldsmith se rappelle avec douleur de cette deuxième étape de la Piste aveyronnaise.

Roulons sous la pluie

Etape qui comptait en tout 72 km, dont 12 de liaison. Ces premiers kilomètres permirent aux coureurs de s'échauffer avant d'affronter les intempéries des grands causses. En effet, « le parcours, déclare un coureur en provenance du Val- d'Oise, Thierry Maigret, était le plus difficile que j'ai connu en sept ans de participation ». D'ailleurs, lorsqu'il repense aux sentiers entrepris, il en a encore des frissons: « Le terrain était constamment gras, rouler devient alors parfois périlleux. Je sautais du vélo et je marchais à pied dès qu'un raidillon se présentait. En descente, les pierres mouillées étaient glissantes et il fallait vraiment faire attention ».

Après le déluge, le réconfort

Tout près du ravitaillement, les coureurs, un sandwich ou une banane dans la bouche, papotent. Christian Chapard lance: « Heureusement que le ravitaillement était de bonne qualité parce que j'ai souffert du vent et du froid. Sur les plateaux, on m'a dit qu'il faisait 5°. Je l'ai senti passer ». De même, les machines ont vécu le martyr: chaînes, plateaux, pignons, jantes, freins... des réparations en vue avant de repartir pour la troisième étape. Quant aux participants, un repas, une douche et une bonne nuit, et l'organisme aura peut-être des chances de répondre présent demain matin.

Les faits d'armes

Du côté de la compétition, Jérôme Chiotti, qui avait remporté la première étape, a terminé troisième. Il a été devancé par ses poursuivants de la première journée: Laurent Certain et Vincent Julio. Ce dernier, qui a pris la première place à l'issue de cette seconde spéciale, est toujours derrière le Millavois au classement général. Aujourd'hui, la troisième et dernière passe d'arme sera décisive pour l'attribution de la première place.


Classements

Classement général après l'étape 2. - 1. Jérôme Chiotti (VS Chartres), 6 h 18'03''; 2. Vincent Julliot (team Lapierre), 6 h 24'35''; 3. Laurent Certain (team Lapierre), 6 h 35'38''; 4. Cyril Duverbecke (CSO Millau), 6 h 44'35''; 5. Dominique Azam (Intermarché), 7 h 11'53''; 6. David Rolandes (team Lapierre), 7 h 14'; 7. Frédéric Doll (Les Gazelles), 7 h 34'55''; 8. Didier Dubois (Tribu gardoise), 7 h 36'40''; 9. Jacques Berbiguier (Tribu gardoise), 7 h 38'45''; 10. Frédéric Sola (CSO Millau), 7 h 44'50''; 11. David Draussin (Tribu gardoise), 7 h 45'50''; 12. Serge Azam (Intermarché), 7 h 57'21''; 13. Dominique Billuart (Intermarché), 8 h 02'16''; 14. René Fertonani (Vélo 9), 8 h 03'50''; 15. Hervé Loy (Cerny), 8 h 10'20''; 16. Patrick Roméro (CSO Millau), 8 h 10'40''; 17. Laurent Guichard (Les Bonneaux), 8 h 14'; 18. Cédric Daumet (ASPTT Draguignan), 8 h 15'05''; 19. Claude Rebitzer (Les Bikers 1), 8 h 19'43''; 20. Franck Lieuron (Les Bikers 2), 8 h 28'56''.

Classement individuel scratch. - 1. Vincent Julliot (team Lapierre), 2 h 57'55''; 2. Laurent Certain (team Lapierre), 2 h 58'30''; 3. Jérôme Chiotti (VS Chartres), 2 h 58'42''; 4. Cyril Duverbecke (CSO Millau), 3 h 11'45''; 5. Dominique Azam (Intermarché), 3 h 22'20''; 6. David Rolandes (team Lapierre), 3 h 22'40''; 7. Frédéric Doll (Les Gazelles), 3 h 32'; 8. Didier Dubois (Tribu gardoise), 3 h 37'45''; 9. Frédéric Sola (CSO Millau), 3 h 38'40''; 10. Hervé Loy (Cerny), 3 h 39'05''; 11. David Draussin (Tribu gardoise), 3 h 39'30''; 12. Jacques Berbiguier (Tribu gardoise), 3 h 44'55''; 13. René Fertonani (Vélo 9), 3 h 47'25''; 14. Dominique Billuart (Intermarché), 3 h 47'50''; 15. Patrick Roméro (CSO Millau), 3 h 48'50''; 16. Claude Rebitzer (Les Bikers 2), 3 h 49'45''; 17. Cédric Daumet (ASPTT Draguignan), 3 h 53'; 18. Serge Azam (Intermarché), 3 h 53'05''; 19. Thierry Maigret (AC Marines), 3 h 57'30''; 20. Franck Lieuron (Les Bikers 1), 3 h 57'40''.

L. D.


Mardi 13 Juin 2000
VTT : Piste aveyronnaise

Chiotti comme à la maison

Cette dernière étape a été raccourcie par les organisateurs afin d'être destinée à la randonnée. Mais pas pour les premiers qui avaient un chrono dans la tête.

«Ce fut un vrai raid, rendu très difficile par les intempéries. Tous les plateaux étaient détrempés. Il a fallu se donner à fond, c'était très physique », a avoué à l'unanimité la cinquantaine de « raiders » à avoir terminé la course. Il est vrai que les pluies diluviennes qui se sont abattues sur le sud Aveyron ont fait mal à l'organisme. Même les meilleurs en ont souffert, à l'instar de Vincent Julliot qui, sans un coup de fringale lors de la première étape entre Nant et Millau, aurait pu donner du fil à retordre à Jérôme Chiotti, vainqueur de ce huitième raid.

Chiotti seul contre tous

Pourtant, le team Lapierre, dont fait partie Julliot, a tout fait pour contrer le Millavois, comme l'explique Yves Blanc, organisateur de la Piste aveyronnaise: « Cette dernière étape fut hyperrapide. Les coéquipiers de Julliot ont tout donné pour contrarier Chiotti. Ils ont mis le "feu" dès le début de la course. Mais il a tenu tête, il a su gérer ses efforts et a préféré lâcher l'étape et assurer la gagne au général ». Même son de cloche pour l'intéressé, Jérôme Chiotti: « Ce fut très difficile, mais j'ai réussi à tenir le coup. Et puis, l'accumulation d'efforts durant ces trois jours, ce fut terrible. Ils ne m'ont pas fait de cadeau du début jusqu'à la fin. Heureusement que Julliot a eu ce coup de fringale sinon... ». On comprend donc que les conditions climatiques ont joué pour beaucoup dans le classement final. Derrière eux, Cyril Duverbecke, premier amateur et quatrième au général. Ce jeune homme de 22 ans, qui travaille actuellement dans le bâtiment, est à la recherche d'un team. Il raconte: « Cette année, le niveau était très relevé. Pour cette dernière étape, le temps était idéal mais la boue était toujours présente. J'ai cassé pas mal de matériel. Pour ma part, j'estime avoir fait un bon raid. Mais je dois arriver à mieux. Pour cela, je m'entraîne toute l'année, mais ce n'est pas évident de concilier boulot et sport de haut niveau. Mais j'y travaille car mon objectif est de passer professionnel ».

Vélo dans l'esprit

Mais surtout, ces coureurs ont été charmés par la beauté du paysage, le charme des pistes, ou bien encore par l'engouement des spectateurs sur le bord de la route avec parfois des rencontres surprenantes comme cet accordéoniste surgi de nulle part qui, à l'orée d'un bois, accompagnait en musique les cyclistes pendant l'effort. C'est aussi cela la Piste aveyronnaise. « Mais c'est surtout une ambiance conviviale où chacun se respecte, où l'on retrouve les valeurs humaines », reprend Dominique Billuart, de l'équipe Intermarché Saint-Affrique, et le plus fidèle de la Piste aveyronnaise (huit participations pour huit épreuves). Et tout cela dans l'esprit du sport car, ici, il n'y a pas un centime à gagner et c'est tout à leur honneur. Une aventure humaine, donc, que ces trois jours de raid, qui feront relâche la saison prochaine afin de permettre aux organisateurs de souffler. Mais qui reviendront encore meilleurs car, comme le dit Yves Blanc: « Chez nous, dans l'Aveyron, on a tous les ingrédients pour organiser quelque chose de grand ».

C. F.


Pascal et Patrick, 140 kg en tandem

Passionnés de VTT et de grands espaces, ces deux copains ont choisi le tandem pour assouvir leur goût de l'aventure.

Cela fait maintenant quatre ans que les deux compères viennent user leurs crampons sur les sentiers aveyronnais. Venus pour la première fois en 1996 pour la Piste, ils seront définitivement emballés. « On vient ici exprès pour la Piste. Les paysages sont super et l'esprit aventure de cette course nous séduit ». Patrick et Pascal sont potes dans la vie et ils travaillent ensemble dans la métallurgie à Grasse. Ce tandem d'amitié et de muscles pèse près de 140 kg et, dans les descentes, ça « déménage »! Pascal, c'est le pilote; plus technique, il est le gouvernail de l'embarcation. Patrick se définit comme le moteur, il est chargé de changer les braquets et de relancer la machine à l'abord des raidillons. « Ça paraît pas mais il faut être vachement complémentaire pour pratiquer le tandem. Il y a plein de petits détails comme le pied d'appui, le coup de pédale... Si celui qui est derrière n'anticipe pas, vous restez plantés en bas des côtes!... ».

Malgré leur relative décontraction, les deux cyclistes ne sont pas des débutants en la matière. Champions du Var 1999 en tandem, ils se sont même octroyé une sixième place au championnat de France 1999 à Vars. Pour Pascal, « on est ici "tranquillou" mais, sur le vélo, on pense compétition et chrono. Notre cinquante- troisième place est une petite déception, surtout qu'on était encore trente-cinquième hier... Aujourd'hui, on avait décidé d'y aller cool, alors... ».

Complices jusqu'au bout, les deux vététistes dorment sous la tente et n'hésitent pas à se moquer d'eux-mêmes; Patrick est mort de rire lorsqu'il repense à leur « gamelle » et au visage plein de boue de son collègue. Particulièrement encouragés sur le parcours, Patrick et Pascal considèrent leur association comme une équipe de sport collectif et ne voient le cyclisme qu'à deux.

C. M.


Dernière mise à jour : samedi 17 juin 2000 09:37


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